Vous préparez le permis B en filière libre et vous entendez tout et son contraire sur le carnet de bord : obligatoire ou pas ? 1500 km à prouver ou pas ? Un modèle imposé ou pas ? La confusion est normale — les trois Régions appliquent des règles différentes, et la plupart des articles en ligne les mélangent.

Voici les règles exactes, région par région, vérifiées dans les textes officiels en vigueur en 2026.

L'essentiel en un tableau

Comparaison des règles du carnet de bord et du stage de conduite pour le permis B en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre, en vigueur en 2026. Le tarif du test de perception des risques est celui en vigueur au 1er janvier 2026.
Wallonie Bruxelles Flandre
Carnet de bord Obligatoire — condition d'accès à l'examen Obligatoire — vérifié à l'examen Aucun
1500 km Obligatoires et bloquants Norme indicative, libre et mixte (1000 km en filière 20 h) Aucun minimum de km
Modèle imposé Non — format libre Oui — modèle officiel (annexe 2) Sans objet
Durée minimale du stage 3 mois 9 mois (6 mois en formule combinée) 5 mois
Rendez-vous pédagogique Oui (obligatoire) Non Non — mais formation obligatoire pour les guides
Test de perception des risques Épreuve séparée (17 €), avant l'examen pratique Intégré à l'examen pratique Intégré à l'examen pratique
Âge minimum (filière libre) 17 ans (examen pratique dès 18 ans) 17 ans (examen pratique dès 18 ans) 17 ans (examen pratique dès 18 ans)
Guides 1 ou 2 max, permis B depuis 8 ans, rendez-vous pédagogique requis 1 ou 2 max, permis B depuis 8 ans 1 ou 2 max, vormingsmoment obligatoire pour les guides concernés

↔ Faites défiler le tableau horizontalement pour voir les trois régions.

Une évolution importante en 2026 : les Régions renforcent leurs conditions d'accès à l'examen pratique. En Wallonie, depuis le 1er janvier 2026, le théorique et le test de perception des risques doivent avoir été réussis en Wallonie pour accéder à l'examen pratique wallon. À Bruxelles, le théorique doit avoir été réussi à Bruxelles (le test de perception des risques y fait partie de l'examen pratique). En Flandre, une règle équivalente entrera en vigueur le 1er janvier 2027, sans mesures transitoires : le théorique devra alors avoir été réussi dans un centre d'examen flamand. D'ici là, un théorique réussi dans une autre région y reste accepté.

Cela ne signifie pas que vos trajets d'entraînement doivent rester dans la Région choisie : pendant votre stage, vous pouvez conduire dans toute la Belgique, dans le respect des conditions de votre permis provisoire.

En Wallonie : 1500 km obligatoires, mais format libre

C'est la région la plus exigeante sur le fond et la plus souple sur la forme.

Le fond : pour présenter l'examen pratique en filière libre (permis provisoire 36 mois), vous devez justifier d'au moins 1500 kilomètres de conduite consignés dans un journal de bord. Sans ce document complété, l'accès à l'examen est refusé — et le rendez-vous manqué se repaie.

La forme : contrairement à une idée très répandue, aucun modèle n'est imposé. La brochure officielle d'Autosécurité (l'organisme agréé qui organise les examens en Wallonie) l'écrit noir sur blanc : « Aucun modèle de journal de bord n'est défini. Le journal de bord établi par une autre région, ou par vous-même, est aussi valable à condition d'y retrouver toutes les informations obligatoires. »

Concrètement, votre journal de bord doit contenir :

  • vos nom, prénom et numéro de registre national ;
  • ceux de votre ou vos guides ;
  • le détail de vos trajets : dates, kilomètres parcourus, et votre progression.

Le journal doit être présent dans le véhicule pendant le stage et complété par le candidat et son guide. Le jour de l'examen, l'examinateur le consulte notamment pour vérifier le kilométrage et la cohérence du journal de bord.

Ce que ça change pour vous : un carnet généré numériquement — tableur, application, document imprimé — peut donc être utilisé en Wallonie, à condition de contenir toutes les informations obligatoires. Le petit carnet papier distribué avec le roadbook n'a aucun monopole légal.

À Bruxelles : un modèle officiel, mais un contenu minimal et des kilomètres indicatifs

Bruxelles présente un paradoxe intéressant : là où la Wallonie exige plus de contenu sans imposer de forme, Bruxelles fixe une forme… qui exige moins.

La forme : l'arrêté du Gouvernement bruxellois du 29 mars 2018 impose la tenue d'un journal de bord pendant le stage, et un arrêté ministériel du 23 octobre 2018 en fixe le modèle officiel (son annexe 2). Ce modèle se compose de deux fiches, téléchargeables sur le site de Bruxelles Mobilité : un « Aperçu des trajets » (numéro, date, kilomètres, totaux) et une fiche « Détail du trajet » par sortie (date, heures et lieux de départ et d'arrivée, kilomètres, conditions de circulation, difficultés rencontrées).

Le contenu, lui, est minimal : l'obligation de fond se limite aux circonstances de conduite et aux kilomètres parcourus. Contrairement au carnet wallon, le modèle bruxellois ne demande ni numéro de registre national, ni nom des guides, ni signature. Un document équivalent reprenant les mêmes informations satisferait très vraisemblablement l'exigence de fond — mais contrairement à la Wallonie, aucun texte bruxellois ne l'autorise explicitement. En pratique, aucun cas documenté de refus (ni d'acceptation) d'un format alternatif n'est connu : c'est une zone grise, que seule une confirmation écrite de Bruxelles Mobilité fermerait.

Le fond côté kilomètres : les fameux 1500 km sont à Bruxelles une norme indicative — elle vaut pour la filière libre comme pour la filière mixte (14 h d'auto-école + guide). La filière auto-école 20 h, où l'on conduit seul, a sa propre norme indicative de 1000 km. Le journal de bord est bien vérifié à l'examen pratique, mais c'est la réalité de votre pratique qui compte, pas un compteur à atteindre au kilomètre près.

Les autres particularités bruxelloises : le stage dure minimum 9 mois en filière libre (6 mois en formule combinée avec 14 heures d'auto-école), et il n'y a pas de rendez-vous pédagogique.

Et un changement récent : depuis le 15 août 2026, la formation aux premiers secours n'est plus obligatoire pour passer l'examen pratique à Bruxelles. La règle transitoire est simple : c'est la date de votre examen pratique qui compte, pas celle de votre théorique — tout examen passé à partir du 15 août est dispensé de l'attestation, même si vous avez réussi votre théorique bien avant. Cette obligation, unique en Belgique, existait depuis le 1er novembre 2018 (formation gratuite de la Croix-Rouge, e-learning + 3 heures en présentiel) ; la Région l'a supprimée, invoquant d'abord des raisons budgétaires. Beaucoup de sites la mentionnent encore comme obligatoire — ce n'est plus le cas.

En Flandre : pas de carnet, pas de kilomètres — mais une formation pour les guides

La Flandre est la seule région sans aucune obligation documentaire de kilométrage : ni carnet de bord, ni minimum de kilomètres. Rien à présenter à l'examen pratique pour prouver votre pratique.

À la place, la région mise sur deux autres leviers depuis la réforme du 1er mars 2024 :

  • une période d'exercice minimale de 5 mois avec le permis provisoire ;
  • une formation obligatoire pour les guides (le « vormingsmoment ») : les guides qui accompagnent un apprenti en filière libre doivent avoir suivi cette formation — celle suivie lors de la première période (2017-2020) reste valable — et l'attestation (begeleidersattest) doit être présentée le jour de l'examen pratique.

Attention si vous lisez des articles en néerlandais mentionnant « 1500 km et un logboek » : ces passages décrivent les règles wallonnes, pas les règles flamandes. La confusion est fréquente, y compris sur des sites d'assurances et d'auto-écoles.

Et le test de perception des risques ?

Le carnet de bord n'est pas la seule condition d'accès à l'examen pratique : dans les trois régions, un test de perception des risques (TPR) évalue votre capacité à repérer les dangers dans des séquences vidéo filmées du point de vue du conducteur. Mais son organisation diffère. En Wallonie, c'est une épreuve séparée, avec sa propre redevance (17 € en 2026), à réussir avant l'examen sur voie publique — et attention : sa réussite expire à la même date que votre examen théorique. À Bruxelles et en Flandre, le test est intégré à l'examen pratique lui-même, sans redevance séparée (en Flandre, son résultat s'additionne à celui de l'épreuve sur route). Le TPR mérite un article à lui seul — nous y reviendrons.

Les erreurs les plus fréquentes

« Le carnet papier officiel est obligatoire en Wallonie. » Faux. Aucun modèle n'est défini ; un carnet auto-établi ou numérique est valable s'il contient les informations obligatoires. C'est écrit dans la brochure officielle d'Autosécurité.

« À Bruxelles, sans 1500 km, pas d'examen. » Faux. Les 1500 km y sont une norme indicative. Le journal de bord, lui, est bien obligatoire et vérifié.

« Les règles sont les mêmes partout en Belgique. » Faux. Depuis 2026, les Régions renforcent leurs propres conditions d'accès à l'examen pratique — et la Flandre appliquera la sienne à partir du 1er janvier 2027, sans mesures transitoires.

« À Bruxelles, il faut une formation aux premiers secours avant l'examen pratique. » Plus maintenant. Cette obligation, unique en Belgique depuis 2018, a été supprimée au 15 août 2026. De nombreux sites ne sont pas encore à jour sur ce point.

Et concrètement, comment tenir ce carnet ?

Le défi n'est pas juridique, il est pratique : tenir un journal rigoureux pendant des mois, trajet après trajet, sans oublier de sorties ni perdre le fil du total. C'est précisément ce que DriveBook automatise pour les apprentis wallons : chaque session de conduite est enregistrée (kilomètres, durée, contextes traversés — agglomération, hors agglomération, autoroute, manœuvres), et le carnet complet s'exporte en PDF prêt à présenter, avec le récapitulatif et les champs d'identification requis.

Le jour de l'examen, l'examinateur ne relit pas 80 lignes une à une. En pratique, le contrôle vise à vérifier que le journal est cohérent, que le kilométrage requis est atteint et que l'apprentissage a bien été documenté. Mais ce contrôle a des dents : le journal de bord complété fait partie des documents à présenter. S'il est absent ou manifestement incomplet, l'examen ne peut pas avoir lieu — et un document dont le contenu paraît invraisemblable peut amener l'examinateur à la même conclusion. Bonne nouvelle dans la mauvaise : l'examen n'ayant pas eu lieu, ce n'est pas une tentative — donc pas un échec comptabilisé dans la règle des deux échecs qui déclenchent les 6 heures obligatoires d'auto-école. Mauvaise nouvelle quand même : le rendez-vous et sa redevance sont perdus, il faut réserver — et payer — une nouvelle date, et les délais se comptent souvent en semaines. Un carnet propre, complet et cohérent — plutôt que des pages griffonnées, raturées ou visiblement remplies la veille — évite ce scénario et donne d'emblée la bonne impression.